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Les habitants de Montreuil réclament « justice pour Mariama » tué par son mari

Une marche silencieuse en l’honneur de Mariama était organisée, ce mercredi soir, à Montreuil. Les participants ont demandé à ce que « justice soit faite » concernant les conditions de levée du corps de la jeune femme, victime de violences conjugales et retrouvée morte fin décembre.

A la minute de silence, succède le cri de colère d’Ismaël. Il veut, dit-il, des « réponses ». Savoir pourquoi il a fallu attendre près de dix heures avant que le corps de Mariama, retrouvée morte dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 décembre, soit enlevé. En son honneur, une marche silencieuse était organisée, ce mercredi, à Montreuil.

Ismaël habite le même immeuble que la jeune femme, qui aurait été défenestrée du 4e étage par son mari, après avoir subi vingt-trois coups à l’arme blanche. Il exige de voir le maire PC de la ville, Patrice Bessac, en vain. Ce dernier, présent lors de la mobilisation, rejoint le cortège. « On est là pour Mariama ! », tente-t-il, dans un souci d’apaisement. La foule, compacte, nombreuse, finit par retrouver son calme et entame le parcours en direction de la place de l’Hôtel de ville. Comme Ismaël, nombreuses sont les personnes à être venues réclamer « justice pour Mariama ».

« Je veux que justice soit faite », explique ainsi Fatouma, une pancarte « On veut des réponses » autour du cou. « Si cela était arrivé dans le XVIe arrondissement, ajoute-t-elle, les choses se seraient passées différemment ». « J’ai écrit aux autorités pour dire que c’est un manque de respect total », se défend de son côté Patrice Bessac. L’élu a envoyé une lettre au préfet de la Seine-Saint-Denis afin que « toute la lumière soit faite » sur les conditions de levée du corps de Mariama. « Vous avez déjà vu un maire qui ne vient pas immédiatement sur les lieux d’un crime ? », s’insurge pour sa part Kader, un autre habitant du quartier. Réponse de l’intéressé : « J’étais dans ma famille, à 400 km de Montreuil. Dès que je suis rentré, je me suis rendu sur place ».

Parmi les marcheurs, nombreuses également étaient les personnes à être venues dénoncer les violences conjugales, dont Mariama était victime. Elle avait, à ce sujet, déposé une main courante en novembre. « Je suis ici pour rendre hommage à toutes les femmes battues », explique Thaly. Elle-même a été victime. « Beaucoup souffrent de ce fléau », se désole Hosmane, l’oncle de Mariama, présent lors de la mobilisation. Il se souvient de sa nièce comme d’une jeune femme « très gentille, sociable, souriante ».

Aux alentours de 20 heures, le maire a prononcé un discours. Il s’est engagé à ce qu’un lieu, une place ou un monument porte le nom de Mariama.

« Les victimes de violences conjugales doivent porter plainte »
80 % des cas de violence traités par la Maison des femmes de Montreuil concernent des violences conjugales. Maguy Borras, informatrice droits des femmes à l’association, incitent les victimes à ne pas s’emmurer dans le silence. « Elles doivent porter plainte », insiste cette juriste de formation.

« C’est la pierre angulaire de l’activation des dispositifs », poursuit-elle. Mise à l’abri, ordonnance de protection, contrôle judiciaire, divorce en urgence… Autant de procédures qui ne pourraient pas être déclenchées sans le dépôt de plainte qui doit se faire « dès les premiers signes de violences ». Y compris psychologiques. Insultes, menaces, jalousie pathologique… « Les violences psychologiques, rappelle la spécialiste, sont reconnues en tant que violences depuis 2010. »

Par ailleurs, les femmes qui le souhaitent peuvent bénéficier d’une écoute téléphonique au 3919, le numéro national à destination des femmes victimes de violences. De son côté, la Maison des femmes organise, tous les jeudis à 14 heures, un accueil collectif sans rendez-vous pour les femmes victimes de violence en présence d’une avocate, d’une psychologue et d’une juriste. HELP Femmes propose également une permanence téléphonique entre 19 heures et 22 heures, au 06.76.38.53.19.

I.C.

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