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Ouistreham : Le passeur sénégalais cachait des migrants sous des sapins de Noël

Un Franco-Sénégalais de 30 ans a été condamné à un an de prison ferme. Huit clandestins avaient été découverts dans son véhicule, jeudi au terminal des ferries de Ouistreham.

Jeudi vers 9 h, la sécurité contrôle un camion de 3,5 tonnes en partance pour l’Angleterre dans la zone d’accès restreint du port de Ouistreham, près de Caen (Calvados). Elle découvre huit migrants irakiens, cachés dans des sacs de couchage sous la cargaison de sapins de Noël. Marchandise qu’un Franco-Sénégalais, Ibrahima Diakhaté, âgé de 30 ans établi à Nottingham dans le nord de l’Angleterre, comptait revendre sur place, au marché.

Après avoir nié être au courant de leur présence, il dit avoir reçu le coup de fil d’un ami une fois en France, en allant acheter ses sapins à Évreux (Eure), pour « charger un colis en route » . Prix de la course : 5 000 £ (env. 6 000 euros).

« Je n’ai pas d’excuse »

Il devait toucher la somme une fois la « livraison » effectuée. « Je ne savais pas au début que ce serait des gens. Je sais, je n’ai pas d’excuse » , déclare-t-il dans un français laborieux.

Inconnu de la justice, il espérait pouvoir faire venir sa femme et son fils du Sénégal grâce à l’argent gagné. Le vice-procureur du tribunal correctionnel de Caen, où il était jugé ce lundi 16 décembre 2019, Gauthier Poupeau, note : « C’est un profil de passeur de plus en plus répandu avec un casier vierge, mais qui s’inscrit dans une organisation bien rodée. Un message du 8 décembre, avant son départ, dit : contacte-moi quand tu pars avec les amis. Il ne peut pas dire qu’il l’ignorait. » Il requiert dix-huit mois de prison ferme.

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Ubérisation des passeurs

Pour Me Éric Gaillard, « on assiste à une ubérisation dans ce domaine aussi, où des chauffeurs reçoivent un itinéraire à suivre, par voie numérique. Il a été l’idiot utile du trafic. Un vrai habitué n’aurait pas pris son propre véhicule. »

« Je ne veux pas perdre tout ce que j’ai construit. J’ai fait une erreur, » , plaide le prévenu. Le tribunal a condamné Ibrahima Diakhaté à un an de prison avec maintien en détention et confisqué son camion.

 

Ouest France

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