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Paamath, l’artiste à la recherche «de vérités qu’on murmure»

Paamath Artiste

Pape Amath N’diaye, nom de scène «Paamath», est installé depuis une vingtaine d’années dans le paysage musical Ariégeois. Musicien, chanteur, auteur, compositeur et interprète, il a déjà une grande carrière derrière lui. Ses compositions sont nées de mariage mixte entre le Sénégal, sa terre natale, et des couleurs musicales glanées ici ou là, au gré de ses voyages et rencontres.

Pape Amath N’Diaye est né à Dakar, au Sénégal. Musicien, chanteur, auteur, compositeur, interprète, il arpente les scènes depuis la fin des années «80» avec le groupe Exil, puis il s’installe en Midi-Pyrénées et, avec la flûtiste Francine Tièche, il crée le duo Buru, qui les mènera durant dix-sept ans à travers le monde.

Paamath pose un regard d’enfant parti à la recherche du “nom de l’eau”, le titre de son dernier album, une symphonie nomade et métissée, inspirée par le poème de Louise Léo, qu’il interprète en sextet. Les cordes (violon de Sabrina Mauchet, violoncelle de Marjolaine Alziary, guitare électrique de Souleymane Bah), les percussions de Baye Cheikh MBaye et Christophe Setian et les voix que nous offre l’artiste composent ce répertoire de musiques et de textes finement ciselés et les arpèges kora à la guitare douze cordes sont soutenus avec brio par ses musiciens.

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Pouvez-vous parler un peu de vous, pour les gens qui ne vous connaissent pas ?

Je suis né au Sénégal, mais je l’ai quitté très tôt, avec mes parents, nous étions la première génération après l’indépendance à partir, je n’y suis retourné qu’une fois adulte. J’ai grandi dans les Alpes maritimes, j’y ai fait mon parcours scolaire, puis la musique m’a trouvé : j’ai commencé avec un groupe afro-reggae, qui s’appelait «Exil». On a tourné dans la région jusqu’au printemps de Bourges 1989, qui nous a fait connaître. Ensuite, on a entendu dire que dans le sud-ouest, ça marchait bien, on y a tourné, mais le groupe a splitté, et moi je suis resté ici, avec ma saxophoniste. On a fondé le duo Buru. On a tourné pendant 17 ans dans le monde entier, on a fait 3 albums, avant de s’arrêter en 2006. Ensuite, j’ai entamé une carrière solo, avec un premier album, «Gaïndé N’diaye», sorti en 2010.

Comment peut-on définir votre musique ? Comme de l’afro-folk ?

C’est ce qui peut s’en rapprocher le plus. La musique raconte souvent l’histoire de chacun. On retrouve beaucoup de couleurs, de la musique africaine, du folk, du blues, du reggae, jusqu’au country.

Qu’est-ce que le Buru, la langue que vous utilisez souvent ?

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Chanter doit passer par les émotions, pas uniquement par la signification. Vu mon histoire, j’ai voulu chanter dans mon langage, le wolof, mais il n’était pas assez bon. Je me suis donc «confectionné» un langage, une sorte de «yaourt», mais en plus noble. C’est un langage qui s’est perdu dans le temps, un langage premier. Je ne parle pas le Buru, je le chante : je suis né dans la mixité des cultures, je dois continuer à le faire partager à travers mon chant.

Que raconte votre nouvel album, «Le nom de l’eau» ?

C’est l’histoire d’un enfant persuadé que l’eau détenait un nom. Un jour, il part à sa recherche. Sur le chemin, il découvre d’autres vérités, qu’on murmure, qu’on chuchote, qu’on n’apprend pas à l’école. Le morceaux «Le monument» est un hommage aux soldats inconnus. «Kounta Kinté» fait référence à l’esclavage. Maïmouna est le fruit d’une rencontre avec un ami, qui vient aussi de loin (Bernardo Sandoval, N.D.L.R.). Ce n’est pas une autobiographie, mais cet enfant, ça pourrait être moi. Le répertoire est celui de l’enfance insouciante et espiègle : le voyage, la mère, le rêve, l’histoire, l’amitié…

 

Source : La Depeche

 

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