A Corseul (Bretagne), Amedy Guèye a réalisé son rêve d’enfance : être couturier


D’origine Sénégalaise, Amedy Guèye a ouvert au 2, rue du Temple de Mars, sa boutique de couture. Il tient à défendre la couture artisanale, une passion liée à son enfance.

C’est avec un grand et franc sourire que Amedy reçoit dans son échoppe, en face de la mairie. Car pour lui, c’est la concrétisation d’un rêve, un rêve qui le tient depuis qu’il a dix ans, quand il était alors au Sénégal, son pays d’origine.

« Au Sénégal, nous avons une grande fête qui s’apparente à celle de Noël, la Tabaski. À cette occasion, les pères de famille offrent à leurs enfants des boubous neufs et les couturiers sont débordés », explique Guèye.

Tellement débordés que lui, alors âgé de 9, 10 ans, ne pourra avoir ce boubou tellement convoité. « Cela m’a vraiment marqué. À la rentrée scolaire qui a suivi, tous mes copains me montraient leurs boubous, moi qui n’en avais pas… Je me cachais dans les toilettes pour pleurer ».

Peu de temps après, c’est en pleine salle de classe que l’idée lui est venue : puisque les couturiers étaient débordés, il deviendra couturier. « J’ai lâché mon crayon, et j’ai quitté la classe en plein cours. Ma décision était prise. Je me suis fait tirer les oreilles par mes parents, mais rien ne pouvait me faire changer d’avis », se souvient-il.

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Débutera alors son apprentissage auprès de différents patrons. « J’ai commencé par balayer, nettoyer… ». Ces expériences ne lui feront pas lâcher prise. Il poursuit son rêve, rencontre une Bretonne, se marie, et vient s’installer en Bretagne, où naît leur premier enfant, aujourd’hui âgé de 2 ans et demi.

Après avoir effectué divers boulots dans l’intérim, Guèye a saisi l’opportunité d’un local rue du Temple de Mars où il peut enfin vivre son rêve. Faire de la couture, artisanale, des créations sur-mesure, des retouches…

Guèye a maintenant un souhait : faire partager sa passion pour la couture artisanale aux jeunes. « Avec peu de moyens on peut faire beaucoup, il s’agit avant tout de faire perdurer un savoir-faire ».

Ce qu’il aime par-dessus tout, ce sont les échanges avec les gens, discuter, faire découvrir, partager, conseiller « mettre l’humain en avant », donner des idées, des cours, trouver le modèle qui convient à la morphologie. « Et mettre de la couleur, pour rehausser la féminité ». Guèye fait venir des tissus du Sénégal mais travaille également tous les autres tissus. Avec l’artisanat chevillé au corps : « Je laisse la haute-couture à Jean-Paul Gaultier », conclut-il dans un grand sourire.

Contact 06 42 24 05 31.

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Ouest-France.fr

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